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Deux ans de Médiation du crédit aux entreprises : plus de 12 000 sociétés confortées dans leur activité, plus de 220 000 emplois préservés

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Assurée depuis octobre 2009 par Gérard Rameix, ancien Secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers (AMF), la Médiation du crédit est ouverte à tout chef d’entreprise, artisan, commerçant, profession libérale, entrepreneur individuel, créateur ou repreneur d'entreprise, qui rencontre des difficultés de financement avec sa banque.

Après avoir remis au Président de la République le rapport annuel de la Médiation du crédit, Gérard RAMEIX a présenté les résultats de l’activité 2009-2010 de la Médiation du crédit au regard des évolutions de l’environnement financier actuel.

Globalement la typologie d’entreprise en médiation est proche du tissu économique national avec un poids important des TPE et des petites PME. En effet, celles-ci trouvent à la Médiation du crédit des compétences financières dont des entreprises plus importantes disposent en interne ou par recours à des prestataires extérieurs. Néanmoins, la Médiation est également intervenue en faveur d’un nombre important d’entreprises employant plus de 100 salariés. Au 30 juin dernier, elle avait traité 323 dossiers de ce type, avec un taux de réussite exceptionnellement élevé de 73 % permettant donc à 235 entreprises employant plus de 115 000 salariés de trouver un financement.

Au plan sectoriel, les entreprises de l’industrie (13 %), du BTP (18 %), du commerce (27 %) et des services (38%) sont les plus nombreuses en médiation.

Le Médiateur se félicite du maintien de son taux de succès à un niveau toujours élevé : deux entreprises sur trois retrouvent un financement après une médiation (63%), cela a été le cas, depuis fin 2008, de 12 470 entreprises employant 221 598 salariés.

Par ailleurs, les solutions proposées aux entreprises sont pérennes. Il ressort de plusieurs études que les entreprises financées à la suite d’une médiation ont, dans leur grande majorité (89 %), surmonté la période la plus difficile de la crise. Surtout, celles qui ont dû, en dépit de l’appui financier apporté, faire l’objet d’un jugement du tribunal de commerce (redressement ou liquidation judiciaire) représentent pour les banques concernées des encours très faibles par rapport à ceux mis en place lors des médiations (1,6 % pour les entreprises de plus de 100 salariés).

La Médiation du crédit a donc bien permis de convaincre les banques de prendre des engagements supplémentaires nécessaires pour maintenir l’activité et les emplois sans pour autant leur faire courir de risques substantiels.

Au plan macroéconomique, le Médiateur observe que les tensions dans les relations banques-entreprises ont tendance à perdre de leur acuité par rapport au paroxysme de la crise. Les engagements de financement de l’économie pris par les banques y ont fortement contribué. Toutefois, pour faciliter davantage cette relation, il propose quelques axes de progrès :

  • mieux gérer la clientèle des TPE. En termes d’organisation, des progrès sensibles avaient été réalisés il y a quelques années par la création de centres d’affaires spécialisés dans le financement des entreprises pour les entreprises petites et moyennes ; ces centres sont capables de suivre la clientèle d’entreprise dans la durée et donc de bien connaître sa logique et ses marchés. Cependant, cette évolution ne concerne pas les TPE qui restent le plus souvent traitées au sein des agences bancaires selon une approche proche de celle retenue pour les particuliers. Même si certains établissements ont déjà pris des initiatives en ces sens, la formation, la supervision et l’organisation du travail des conseillers professionnels doivent donc faire l’objet d’une attention particulière ;
  • améliorer encore davantage le dialogue entre banquier et entreprise. Les entreprises fortement mobilisées pour lutter contre la crise attendent des banques des réponses claires, argumentées et rapides, fussent elles négatives. Dans ce sens, la loi Brunel prévoit dorénavant que les banques motivent leurs décisions. Cela implique des efforts importants d’information et de formation de personnels, souvent en début de carrière ;
  • proposer de nouveaux financements. Héritiers d’une tradition reposant sur l’escompte ou la prise de garanties sur des actifs matériels, les établissements de crédits hésitent parfois à proposer un crédit de moyen terme lorsqu’il ne correspond pas au financement d’un investissement. Ils se montrent par ailleurs assez souvent réticents à financer le besoin en fonds de roulement (stocks, créances sur les clients). Dans une économie où l’immatériel prend une place croissante, une réflexion approfondie paraît indispensable sur ces sujets ;
  • veiller à adapter les politiques de risque. C’est le cœur du métier de banquier que de mesurer son risque et en période d’incertitude économique une politique de risque trop stricte des banques peut avoir des effets macroéconomiques très négatifs, entraîner l’attrition d’un tissu d’entreprises de qualité, la perte d’équipes et de savoir-faire difficiles à reconstituer lorsque la demande reprendra, accroître le chômage et donc fragiliser la clientèle de particuliers des banques dans le territoire concerné. C’est pourquoi la Médiation plaide pour que, dans chaque cas, les banques dimensionnent de façon mesurée leurs exigences et recherchent de façon pragmatique et réaliste les moyens de financer des dossiers d’entreprises aux fondamentaux solides, mais fragilisées financièrement par la crise.

Après deux ans d’action, au-delà de son bilan chiffré, la Médiation du crédit a contribué à faire évoluer les comportements.
Meilleure prise en compte des besoins des entreprises et notamment des plus fragiles, plus grande transparence entre partenaires financiers ou amélioration des relations entre clients et fournisseurs : la Médiation du crédit a engagé une dynamique qui crée les conditions de la confiance au service du redressement économique.

La Médiation du crédit reste et restera mobilisée pour contribuer à aider toutes les entreprises à réussir la sortie de crise et à reprendre le chemin de la croissance.

> Chiffres clés

Au bout de deux ans, le dispositif de médiation du crédit aux entreprises :

  • 27 393 entreprises ont saisi la Médiation du crédit ;
  • 22 507 dossiers ont été acceptés ;
  • 19 785 dossiers sont désormais instruits et clos ;
  • Le taux de succès s’établit pour toutes les entreprises à 63% ; dont 73% pour les entreprises de plus de 100 salariés ;
  • 12 470 sociétés ont été confortées dans leur activité ;
  • 3,13 milliard d’euros de crédit ont été débloqués ;
  • 221 598 emplois ont été préservés en France.

Feuilletez le rapport de la médiation du crédit aux entreprises.

Contact Presse : Sébastien COQUEREAU - 01 53 17 89 33

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